Le cancer ne cesse de ravager le monde et les moyens utilisés pour les traitements ne sont pas toujours sans conséquence. Dans l’espoir d’améliorer la situation, des chercheurs se sont débattus pour trouver de nouvelles pistes partant de l’hypothèse qu’au lieu de bombarder l’organisme faisant beaucoup plus de dégâts aux zones avoisinantes, commandons des vecteurs pouvant ainsi atterrir directement aux cellules et tumeurs cancéreuses laissant de côté la chimiothérapie. D’où, la recherche de potentiels candidats pouvant transporter (sans perdre de route) des charges médicamenteuses et de les larguer au bon endroit.

C’est dans ce but qu’une équipe de chercheurs du Leibniz Institute for Solid State and Materials Research de Dresden a découvert qu’utiliser les spermatozoïdes pour traiter les tumeurs s’avère très efficace. Car ils peuvent stocker des médicaments et traitements sans que ces derniers ne se diluent dans les fluides corporels. Ils sont mobiles et nageurs grâce à leurs flagelles, ne risquent pas de se dupliquer pour former des colonies indésirables, sont biocompatibles, peuvent résister à quelques jours dans l’organisme et ont la capacité de traverser la membrane d’une cellule (c’est ce qu’ils font avec l’ovule).

Comment cela se passe-t-il ?
Pour y parvenir, ils ont fait baigner le sperme dans un médicament anticancéreux (chlorhydrate de doxorubicine), puis l’équiper d’un microharnais (de petits faisceaux magnétiques à quatre pattes guidés par des aimants) pour qu’ensuite le guider vers les cellules cibles. À cette étape, les bras vont s’ouvrir pour la libération du sperme lui permettant de nager dans la tumeur. Après l’application sur une tumeur expérimentale, 72 heures seulement suffisent pour réduire les cellules cancéreuses de 90 %.

Les chercheurs soulignent que le procédé pourrait aussi être utilisé pour soigner d’autres pathologies de l’appareil reproducteur féminin. Comme l’endométriose ou la salpingo-ovarite, une inflammation des ovaires et des trompes de Fallope provoquée par une infection génitale. Néanmoins, l’étude n’est qu’à la phase embryonnaire et l’idée très prometteuse, même si cela n’empêche le soulèvement de bien de questions. L’organisme éliminera-t-il les harnais microscopiques sans dommages ? L’efficacité sera-t-elle la même in vivo ? Et surtout, si l’on passe un jour de l’expérimental au thérapeutique, comment s’assurera-t-on de la survie des grossesses ?

Source : KultureGeek, NewScientistACS PublicationsPasseur de sciences.